

Photos : Miguel Emmanuelli.CHANT ET PARADE NUPTIALE :
Le tarin des Andes a un chant varié et mélodieux composé de gazouillis, de sifflements et de trilles métalliques. Lors de la parade nuptiale il chante les ailes pendantes en faisant apparaître ses barres alaires jaunes , les rectrices sont écartées et les plumes noires de la couronne hérissées. Comme son cousin le tarin de yarrell ( Carduelis yarrellii ) dont il est fort proche, le mâle se poste au sommet des branches supérieures d'où il surplombe sont territoire. Il lance sans arrêts des cris d'avertissement pour signaler sa présence et effectue des vols nuptiaux en cercles, ailes et queue écartées. Si un autre tarin pénètre dans son territoire, il s'envole à sa rencontre et entonne son chant nuptial comme avertissement. Ces ailes sont alors pendantes et les plumes de la tête hérissées. Si l'intrus persiste sur son territoire il s'ensuit des affrontements sur le lieu. Ces petits accrochages sont observés au début de la saison de reproduction. Une fois les couples formés, le mâle se limite à défendre son territoire seulement par le chant.
MUE ET MIGRATION :
A l'état sauvage comme en captivité, le tarin des Andes effectue sa mue de fin juillet à fin octobre. Les jeunes effectuent leur mue juvénile trois mois après leur naissance. Seules changent les plumes de la tête, de la poitrine et de l'abdomen. A cet âge on peut différencier les mâles des femelles car les premières plumes noires apparaissent sur la tête. Le jeune mâle n'acquerra sa couronne noire sur la tête et ses couleurs qu'au bout de six, sept mois. A dix mois, mâle et femelle arborent leur magnifique plumage d'adulte.
Le Tarin des Andes et ses sous espèces effectuent juste des mouvements erratiques à différentes altitudes tout en se déplaçant à l'intérieur de leurs aires de répartition.
REPRODUCTION :
A l'état sauvage, le tarin des Andes se reproduit à partir du mois de février, le nid est construit dans la fourche d'un arbre bien camouflé à mi-hauteur dans le feuillage ou dans un buisson. Le nid est en forme de coupe d'un diamètre de six centimètres en moyenne et d'une profondeur de quatre centimètres. Il est fait d'herbes sèches, de mousses et de racines pour sa partie extérieure. Sa partie intérieure est tapissée de bourre et de duvet végétal. La ponte a lieu sept à huit jours après la fécondation, la femelle pond trois à cinq oeufs à fond blanc verdâtre ou bleuâtre tâchés de bruns ( dimensions :16 mm X 12 mm ) qu'elle couve treize jours. La femelle quitte le nid entre les 7 ème et 9 ème jour après la naissance des jeunes. La femelle est nourrie par le mâle pendant la couvaison.
En captivité, le tarin des Andes se reproduit en mars, avril. Il est fortement déconseillé de déranger la femelle pendant la couvaison. En général le tarin atteint sa maturité sexuelle à douze mois. Le nid est exposé dans la partie la plus haute de la cage. Il faut utiliser un nid de six centimètres de diamètre et assez profond, fournir aux oiseaux du sisal et un peu de coton naturel. La température du local doit être comprise entre vingt et un et vingt cinq degrés celsius et l'humidité de l'air doit être au moins de 65%. L'hiver le tarin supporte mal les températures inférieures à dix sept degrés Celsius . Les femelles ne commencent à couver qu'après la ponte du dernier œuf. En général la femelle ne réchauffe plus ces jeunes à partir du 7 ème jour, aussi il est important que la température ne descende pas en dessous de vingt et un degrés Celsius Les jeunes sortent du nid entre le 17 ème jour et 19 ème jour. Ils sont sevrés entre le 30 ème et le 35 ème jour.
LA NOURRITURE :
A l'état sauvage le tarin des Andes se nourrit de graines de plusieurs essences végétales, de variétés de composées, de graines de fleurs, de petits fruits et d' insectes pendant la saison de reproduction. Il se nourrît également à même le sol. En captivité on peut utiliser un mélange pour chardonneret et canari. L'idéal est de lui fournir le mélange pour tarin composé de : 25% de semences de graminées; 15% de niger; 15% de graines de périlla; 10% de semences de laitues; 5% de semence de chicorée; 5% de graines de chardon; 4% de semences d'œnothère; 4% de semences sauvages; 4% de navette rouge; 3% de graines de sapin; 3% d'alpiste; 3% de panis jaune; 2% de millet jaune; 2% de graine de lin. L'idéal étant le Mélange Blattner " Tarin 1A "de la firme Versele Laga .Un éleveur Vénézuélien fournit à ses tarins un mélange composé : d'alpiste, de millet blanc, de millet rouge, de panis jaune, de lin et de niger. A l'époque de la reproduction, habituez les parents à consommer de la nourriture animale : œufs de fourmis, larves de pinky et vers de farine. De la pâtée d'élevage . De la verdure, une à deux fois par semaine, attention toutefois à distribuer la verdure avec parcimonie! On peut mettre dans le haut de la cage une branche de millet. Donnez des graines germées composées de navette, de niger, de froment, de dari, de milo, de cardi, de semences de laitues et de katjang idjoe, tous les deux jours, mélangées à la pâtée.
STATUT & CONSEILS :
Le tarin des Andes ne fait l'objet d'aucune annexe et de réglementation de CITES particulière. Cet oiseau est localement commun à peu commun dans les pays de sa répartition. Il est extrêmement rare et n'est pas répandu parmi les tarins en souche élevage. L'espèce n'est d'ailleurs pas importée vers l'Europe ou si elle l'a été sa détention est peu connue. Peut - être même n'est il détenu que dans des collections privées ? Quoi qu'il en soit privilégiez toujours l'achat chez l' éleveur où vous pouvez observer de prés le ou les oiseaux dans leur environnement. Choisissez toujours des oiseaux bagués, bien en plumes à l'oeil vif et au plumage lisse et éclatant et bien en taille, n'hésitez pas à poser des questions sur la reproduction, la nourriture et la température de la pièce etc... Si possible faite vous céder un peu de nourriture afin de familiariser l'oiseau en mélangeant celle-ci avec votre mélange de graines, si celui-ci n'est pas le même. De plus l'éleveur doit vous fournir un certificat de cession lors de l'acquisition. En dernier lieu il est conseillé de s'attacher à conserver des souches pures, afin de permettre l'échange entre éleveurs pour éviter la consanguinité. On doit s'abstenir de l'hybrider ou de le métisser car il est extrêmement rare.
LE BAGUAGE :
On bague les jeunes entre le cinquième et sixième jour après la naissance, de préférence le soir. Les bagues utilisées sont du diamètre 2,7 mm. Vérifier les bagues dés le lendemain, la mère ayant tendance à les enlever.
Pour de plus amples renseignements consultez le livre de Monsieur Marcel RUELLE sur "Le tarin des Aulnes et ses cousins les Tarins et Chardonnerets Américains". http://users.belgacom.net/bn610849/index.htm
Copyrigth et droits d'auteur réservés D.PARC & M. EMMANUELLI 21/07/04.